Interview « Crossover » : A*SONG // Mr DAY

VENDREDI SOIR A LIEU LE PREMIER NUMÉRO D’UN NOUVEAU CONCEPT DE SOIRÉE AUTOUR DE LA SCÈNE LOCALE, AVEC DE LA DÉCOUVERTE ET DE LA GRATUITÉ. DEUX DES GROUPES PRÉSENTS CE SOIR-LÀ SE SONT PRÊTÉS AU JEU DE L’INTERVIEW.
THIBAULT DU GROUPE A*SONG RÉPOND AU QUESTIONNAIRE « SOUVENIR » ALORS QUE MR DAY S’ATTAQUE AU « PREMIER/DERNIER » APRÈS UNE PREMIÈRE SÉRIE DE QUESTIONS.
RENDEZ-VOUS VENDREDI POUR « POP SUPERHEROS #2″ AU TRANSBORDEUR !

A*Song

Thibault de A*SONG

A*SONG

Ton plus lointain souvenir c’est quoi ?
Il est tellement lointain que je ne m’en souviens presque plus. Je crois que je faisais du trampoline sur un lit.

Ta première émotion musicale ?
J’allais dire Dark side of the moon mais à l’époque je ne savais pas que c’était de la musique. Ma première émotion musicale consciente doit se situer entre le boys boys boys de Sabrina (pour la pochette) et Hendrix (pour la guitare).

Tu te souviens du premier disque que tu as acheté ?
J’avais gagné le 45t pump up the volume de MARRS à Pizza Paï. Mais je crois que le disque que j’ai acheté est une cassette, une des nombreuses compile des Doors.

Tu te souviens du premier concert auquel tu as assisté ?
Le Boléro de Ravel à l’auditorium avec ma mère et Ugly Kid Joe au Transbo avec mon père.

Tu te souviens du prénom de la première fille dont tu es tombé amoureux ?
Elle, a, eux dans là, t’es i, t’es i, Ah !

Ton pire souvenir ?
Première déception amoureuse.

Ton premier instrument sur lequel tu as commencé à jouer ?
Une guitare acoustique 3/4 de caisse.

Le premier morceau sur lequel tu as fait du air guitar ?
J’ai jamais fait de air guitare, par contre je jouais sur les vidéos des lives d’Hendrix en essayant de répondre à ses soli. Ça devait être un beau bordel.

Le premier morceau sur lequel tu t’es entraîne à chanter devant ta glace ?
J’arrive toujours pas à faire ça.

Tu te souviens de l’élément déclencheur de la formation du groupe ?
La rencontre d’Alban (Purple Lords) au lycée.

Tu te souviens du jour où vous avez trouvé le nom du groupe A*SONG ?
Très bien. J’avais enregistré un morceau dont j’étais fier et que j’avais intitulé A song (dans le systeme de notation anglo-saxon A est équivalent à 20/20). On voulait que tous nos morceaux soient des A song.

La dernière question ne concerne pas tes souvenirs mais l’avenir : parle-nous de tes projets futurs…
Cet album a été réalisé avec très peu de moyens. Mais grâce à l’aide de beaucoup, dont Echo Orange, et la ténacité des membres du groupe il a fini par voir le jour.
Grace au Transbo et à Echo Orange on a la chance de le défendre sur une belle scène.
Il va falloir être à la hauteur. Surtout que Mr Day c’est pas des branques.
Mais c’est surtout l’ensemble de la soirée qui compte : il y aura Pomme Cannelle et peut être de la barbe à papa si on est trop mauvais.

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Mr Day

Mr Day

Mr DAY

Transbordeur : Mr Day, déjà le nom, ça vient d’où, du morceau de Coltrane ?
Eric : C’est un simplement un diminutif de mon patronyme, qui bien sûr évoque sciemment aussi bien en effet le titre de Coltrane, le Lady Day and John Coltrane de Gil Scott Heron, ou Graham Day des Prisoners, le Dancing With Mr D des Stones, autrement dit le large spectre musical qui m’occupe. Le pseudo vient des années du label Rotax de Pascal Rioux, qui a fait un bout de chemin dans la scène soulful house à la fin des années 90, Pascal a monté depuis Favorite Recordings sur lequel nous sortons nos disques aujourd’hui.

Transbordeur : Pouvez vous nous faire un petit rappel de l’histoire de groupe ?
Eric: Le groupe est né de la longue et prolifique collaboration avec Bruno (Patchworks), de l’envie de donner une vie sur la scène aux productions studio, il y a eu plusieurs tentatives, on a rencontré Remy Kaprielan (batteur) alors qu’on montait des titres en live du Metropolitan Jazz Affair, premier projet sur lequel on s’est retrouvé avec Bruno. De fil en aiguilles, c’est le projet actuel qui a pris corps.

Transbordeur : D’ailleurs je dis groupe, mais est ce vraiment un groupe ou plutôt le truc d’Eric ?
Eric :C’est à part entière un groupe, je donne le plus souvent l’impulsion mais la façon de travailler est plus d’investir les talents qui composent l’équipe, en aucun cas je ne joue avec des accompagnateurs.
Bruno : La soul music, tout comme la pop reposent vraiment sur l’interprète principal ainsi que sur sa personnalité. C’est la raison pour laquelle c’est derrière le nom du chanteur que se cache un véritable groupe !

Transbordeur : En 2010, vous avez sorti un album assez mortel…Vous l’avez enregistré où cet album ?
Eric : La base live a été enregistrée sur notre lieu de répétition à St Polycarpe (dans les pentes de la Xrousse) qui est d’ailleurs devenu un vrai studio depuis et beaucoup des arrangements et productions additionnelles ont été réalisés en home studio, chez nous.

Transbordeur : Comment ça se passe en 2010 la sortie d’un album ? Ca a marchoté un chouia, ou vraiment, sortir un disque aujourd’hui c’est un coup d’épée dans l’eau ?
Eric : L’album a été soutenu de manière assez enthousiaste par quelques médias (FIP, Nova, VIbrations .. ) et a bénéficié d’une critique très positive et plutôt unanime. En revanche les ventes ont été plutôt décevantes, et certainement pas suffisantes pour équilibrer les budgets, bien que les coûts de production du disques aient été minimes. Sortir un disque aujourd’hui reste indispensable pour exister mais au regard du marché actuel c’est malheureusement plus devenu un outil de promotion, qu’un aboutissement.
Bruno : le succès du disque a été réel en termes d’accueil et de critiques. Mais comme le dit Eric, les ventes ont été décevantes, à l’image du marché du disque !

Transbordeur : Sur scène, vous êtes loin d’être mauvais aussi…De ce coté là, vous faites beaucoup de concerts ? ça tourne un peu ?
Eric : Les circonstances ont fait que le bon partenaire pour le tour n’a pas été trouvé à temps, en amont de la sortie, ce qui fait que nous avons finalement assez peu tourné, ce qui n’a pas arrangé les ventes non plus, et ce qui surtout s’est avéré très frustrant pour un groupe qui est prêt, qui a un bon disque en main et n’attend que d’aller le défendre sur scène.
Bruno : les dates que nous faisons sont totalement irrégulières et totalement imprévisibles. Les prochaines sont Lyon, Vienne (Autriche), et Sofia (Bulgarie). C’est assez difficile de trouver une logique là dedans…

Transbordeur : Pouvez vous aussi nous parler un peu de vos influences, finalement, votre musique est pas si simple à définir, une sorte de soul blanche, à la fois funky et pop, avec, arrêtez moi si je me trompe, de sérieux clins d’yeux au truc british, mods et cie…
Eric : Tant mieux si notre musique évoque nos influences sans s’y réduire complètement, ce n’est certainement pas une musique de genre. Et oui, il y a plus que de sérieux clins d’yeux à la scène mods, même si il n’y a pas forcément de volonté d’adhésion littérale à tous ses codes, Le large ensemble de ce qui compose cette culture reste une source inépuisable d’inspiration et de curiosité, une sorte de terrain de jeux favori entre l’Amérique du Jazz, les Beatniks des 50′s, Rome, les costumes et les Vespa de la Dolce Vita, le Paris de Saint Germain, de la Nouvelle Vague, le Swinging London des 60′s qui importe et recompose à sa manière les musiques américaines, le Blues, Rythm’n'blues, le Rock’n'Roll la Soul et aussi les sons jamaïcains…
Bruno : La musique que nous jouons dans Mr Day empreinte à des univers beaucoup plus larges qu’il n’y parait…elle est à la croisée de beaucoup de chemins. Une chose est certaine, nous ne ferions pas la même musique si nous ne vivions pas en 2011 !!
Contrairement, à ce qu’on pourrait croire, lorsque le groupe fait le boeuf, c’est souvent sur des rythmiques hip hop ! Le mouvement mods est une influence parmi tant d’autres mais certainement pas la principale…

Transbordeur : Là vous allez jouer sur la scène du club du Transbo, une soirée gratos pour le public, orientée pop, avec A song et les Invaders…C’est quoi votre cercle d’amis locaux, les groupes, assos avec lesquels vous vous sentez des points communs ?
Eric : On n’est pas naturellement catégorisé comme un groupe Pop, plus comme un groupe de Soul, pourtant notre relecture de la soul a aussi d’une certaine manière des accents pop et peut tout aussi être apprécié par ce public. Chacun des membres du groupe a un autre projet au moins en cours, je fais partie des Dynamics, Julien des Buttshakers, Hawa qui chante avec nous, sort son album en Mai, Bruno a ses propres
projets, Mr President sort dans quelques semaines , Raphael et Remy ont un trio jazz CHK, et collaborent sur scène aussi avec Booster, sans oublier le Doctor Goldfoot en personne qui sera aux platines vendredi … et qui fait aussi partie de ces cercles d’amis et de groupes..
Bruno : on se sent assez à l’aise sur ce terrain de la pop, même si ce n’est pas la case dans laquelle on nous place habituellement. Tant mieux, on aime pas trop être enfermé dans une boîte……Par ailleurs, le prochain album aura plus d’influences pop que le premier, c’est peut-être un signe !!!

Transbordeur : Vous avez aussi me semble t il, pas mal de projets parallèles et une sérieuse expérience en terme de discographie…Pouvez vous nous en dire un peu plus ?
Eric : Depuis la fin des 90, il est devenu plus accessible de produire avec ses propres moyens, ça a ouvert beaucoup de possibilités, les disques, les projets et les sorties se sont multipliées, sur des labels divers comme Rotax, Glasgow Underground,
Guidance, Infracom, Grooveattack, Acid Jazz etc…, de la collaboration avec Patchworks sont issus pour les plus connus le Metropolitan Jazz Affair, les Dynamics, Mr President.
Bruno : Eric et moi même avons fait un beau paquet d’albums ensemble (sans compter les nombreux maxis et 45 tours) . J’ai même des projets comme Uptown Funk Empire, où j’ai pu me passer d’Eric (pas évident…..) !! On a une recette qui fonctionne pas mal : elle consiste à tenter sans arrêt de nouvelles choses et de nouvelles directions…C’est le meilleur moyen de ne pas se répéter, de ne pas tourner en rond musicalement.

et enfin, si vous êtes ok, voilà un petit questionnaire qui permettra de faire un peu mieux connaissance…

Premier disque acheté ?
Eric : The Police Message In The Bottle en 45 tours
Bruno : Run dmc Tougher than Leather
Dernier disque acheté
Eric :Une très belle compilation des musiques de film de Galt McDermot entre 1969 et 1973
Bruno : Beggining of the End Funky Nassau (Soul 70s des Bahamas)

Premier groupe ou artiste qui t’a donné envie de faire ça ?
Eric : Certainement un album du Morrisons Green Group qui reprenaient….les Beatles.
Bruno : Neil Young sur la platine des parents.

Dernier groupe ou artiste sur lequel tu as craqué ?
Eric : dans les plus récents, The Bees (les anglais, sur leur album Free the bees surtout)ou le guitariste Little Barrie qui est embarqué avec Primal Scream en ce moment
Bruno : Julien des Buttshakers m’a fait découvrir Mytch Rider (Soul blanche crado de Detroit), merci à lui !!!

Premier concert auquel tu as assisté ?
Eric : Téléphone au Palais des Sports
Bruno : Pink Floyd au château de Versailles

Dernier concert auquel tu as assisté ?
Eric & Bruno : The Buttshakers !
Première expérience en tant que musicien ?
Eric : Des maquettes dans ma chambre avec une guitare corde nylon, un micro,sur un magnéto double cassettes qui me permettait de faire des sortes d’overdubs.
Bruno : Des répets de rock psyché avec mes potes, dans la cave de Francis Perrin !!

Première fois avec Mr Day ?
Eric : The Place is Rockin reprise des Isley Brothers sur un 12 inch du label Rotax
Bruno : Mon premier titre avec Mr Day, c’était le Yunowhathislifeez sur le 1er album de Metropolitan Jazz Affair.

Dernière date avec Mr day ?
Eric : Le plus tard possible
Bruno : Avec des béquilles et un sonotone !

Dernière promo ou actualité à faire sur Mr Day ?
Eric : Un instru d’un de nos titres prévu sur le prochain album, est utilisé sur une publicité Nescafé, et donc un second album qui va être enregistré en Mars…
Bruno : The Best is yet to come, le single de mon nouvel album solo, sous le nom Mr President, avec en featuring : Mr Day et Hawa (également choriste pour nous).
Sortie le 7 mars (Favorite Recordings, c’est sur le même label). Comme tu peux le constater, « it’s a family affair »…

Première émotion amoureuse ?
Eric : Chut ! elle risquerait de l’apprendre
Bruno : Radiah, jolie personne, sur une pochette de Nino Ferrer !

Première émotion esthétique ?
Eric : Ennio morricone en BO en jouant aux cow boys
Bruno : Radiah, jolie personne, sur une pochette de Nino Ferrer !

Premier souvenir ?
Eric : Un ensemble en blue jeans pour traverser la manche en Ferry…
Bruno : Radiah, jolie personne, sur une pochette de Nino Ferrer !

Première fois au Transbordeur ?
Eric : Sur scène, vendredi prochain et comme public , c’était peut être les Stone Roses…
Bruno : Femi Kuti, c’était drôlement bien ! Et sur scène, c’était en featuring sur un live du groupe lyonnais Dialect Music.

Eric & Bruno : des bisous



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