Pourquoi je vais venir voir… BUSTA RHYMES !

Deuxième numéro de notre grande saga « Pourquoi je vais venir voir… » avec cette fois Antoine Allègre, bien connu de l’intelligentsia journalistique locale. Dans un style qu’il aime qualifier lui-même de « freestyle », il nous explique pourquoi il va venir voir la rappeur américain BUSTA RHYMES au Transbordeur le lundi 9 mai. Si avec ça vous hésitez encore à venir, je m’enferme dans mon bureau pour écouter en boucle le dernier Snoop Dog avec David Guetta…

Busta en live à NYC

Vous en connaissez beaucoup, vous, des tycoons du rap U.S. qui fassent autant l’unanimité ? A être porté aux nues par l’underground ? Qui n’arrivent pas à avoir l’air d’un plouc en faisant des morceaux avec pêle-mêle Mariah Carey et les Pussycat Dolls ? Et qui, quelques plages plus tard, arrivent à littéralement dénuder Eminem sur une instru de Dr.Dre ? Personnellement, je n’en connais pas des tonnes. Même si Busta Rhymes approche le quintal.\\
On le découvre minot aux côtés de son premier groupe Leaders of The School, entité très proche des A Tribe called Quest et de la mouvance Native Tongues. On l’applaudit, aujourd’hui, en tant que collectionneur de disques platine. Les mamies à moustache du hip hop New-Yorkais – vous savez ? ceux qui se sont arrêtés de vivre culturellement au moment où les années 2000 approchaient le bout de leur nez – diront qu’il a changé. Sûrement pas, va enfiler tes boots Timberland et remiser tes coupe-vent Helly Hansen dans ton armoire décorée d’un poster de Queensbridge. Bus-a-Bus est resté foncièrement le même. Un pète au casque. Un style vestimentaire improbable. Et puis surtout un flow. Quel flow ! John Fitzgerald Kennedy peut aller chercher sa cervelle sur la banquette arrière. La messe est dite. Double time, saccadé, lent, impérieux : Busta Rhymes – même s’il dit parfois n’importe quoi comme tout bon rappeur américain qui se respecte – rappe mieux que la Terre entière.

Antoine Allègre

Mon top 5 de Busta Rhymes

Woo Hah !! : Le manifeste mainstream. Entiché du regretté – et regrettable – Ol’Dirty Bastard, Bus livre l’étendue de sa folie. Et il en a sous le coude, l’animal.

Put My Hands Where My Eye Can See : Ultra minimaliste et tribal, Timbaland – avant d’être fournisseur officiel de turbines épuisantes – tricote pour Busta Rhymes une instru solaire. Résultat ? Colossal. Clipé par Hype Williams, on devient fou.

Gimme Some More : le sample de Psychose, 2 minutes et 30 secondes de rap supersonique, un refrain entêtant. Rien à dire. Un des plus grands morceaux rap de tous les temps.

Break Ya Neck : Presqu’aussi hystérique que Gimme Some More et tout autant véloce. Un morceau à se casser les neurones, à se donner des claques à l’after-shave et à se lancer dans un déraisonnable concours de coups de boule avec un bélier.

Touch It : Swizz Beats crame un sample des Daft Punk (celui de Technologic) et Busta Rhymes s’y donne à coeur joie pour un morceau hors-format et étrangement expérimental.



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