Interview spécial Echo Sonore : Pierre-Marie d’ARTY FARTY

2011 va marquer la fin de l’aventure ECHO SONORE, lancée par l’équipe d’ARTY FARTY, organisatrice du Festival NUITS SONORES. L’antépénultième numéro, ES#98, se déroule au Transbordeur vendredi 25 avec AGORIA et ses copains. Ensuite, ce sera les très hype Wu Lyf avec Les Marquises à l’Epicerie Moderne, pour finir en apothéose à la Plateforme avec Laurent Garnier. De quoi glisser tranquillement vers 2012 pour les 10 ans de Nuits Sonores. Retour sur ce concept de soirées qui a fait danser des milliers de Lyonnais, avec Pierre-Marie, programmateur Musique & Image et porteur de projet pour Arty Farty. Il est également un peu humoriste, vous remarquerez qu’à la question n°4, il répond à la façon de son idole Thomas N’Gijol…

Comment est né l’idée de faire des « Échos Sonores » ?
L’idée de créer les ÉCHOS SONORES a plusieurs origines. D’une part, ne rien organiser dans l’année en dehors de Nuits sonores engendrait une forte frustration dans l’équipe. D’autre part, on était énormément sollicité par des tourneurs et des artistes qui souhaitaient se produire à Lyon. Enfin et surtout, la vie nocturne lyonnaise ne jouissait pas de la surabondance de proposition de concerts ou soirées qui s’est installée, pour notre plus grand bonheur ces derniers temps. Du coup, nous voulions imprimer l’identité artistique du festival sur de petites productions récurrentes et dynamiser la ville tout au long de l’année, en contrepoint du temps « court » du festival.
En définitive, être des activistes très présents sur la scène culturelle lyonnaise était vraiment l’idée principale de ce projet.

Tu te souviens du n°1 ?
Je m’en souviens très bien ! Violaine Didier, programmatrice chez nous, avait organisé un mini-festival pour les « Week-ends des Subsistance ». Je me souviens très bien du caractériel OVAL, de SSS et leurs capteurs musculaires mais surtout de CHRISTIAN FENNESZ, un des pontes de la musique ambiant.

Qui a trouvé le nom ? Vous étiez en montagne et vous avez crié ?
C’est Vincent Carry qui a trouvé le nom, il est très fort sur tous les trucs en machin Sonores. Je pense que si il avait pu choisir son nom de famille, il se serait appelé Vincent So Sonores !

Pour toi quels ont été les Échos les plus marquants ? Tu dois avoir un tas d’anecdotes foireuses ?
Des anecdotes foireuses, j’en ai un paquet. J’ai donc fait un petit classement de moments dont je me souviens un peu :

n°4 : Pour le deuxième « Écho Sonore » aux Subsistances que programmait Violaine, je devais m’occuper de BINGO GAZINGO, poète new-yorkais de la Beat Generation, qui devait avoir pas loin de 80 berges. Sur la route entre l’hôtel et les Subs, j’ai cru que le bonhomme n’arriverais jamais au bout, il s’arrêtait tout les deux mètres et a failli tomber à plusieurs reprises. Après son show, bien revigoré par sa prestation, Papi a montré un tout autre visage et a dragué tout ce qui ressemblait de près ou de loin à une fille dans la salle !

N°3 : Mon premier « Écho Sonore » programmé le n°8 avec LE KLUB DES LOOSERS ; j’ai failli changer de métier le jour même ! Le mec était ingérable. Le concert était archi-complet, mais il avait craché sur tout le monde, c’était sa première sortie en dehors de Versailles et Paris, le changement d’air ne lui a pas trop réussi. Ou peut être n’avait-il pas digéré le « home made catering » et la quiche que David Fontaine avait faite pour lui.

N°2 : L’Écho Sonore « Live Rodéo Club », une soirée épique avec un vrai taureau mécanique. Les artistes et le public au top et on n’a pas eu de fracture !

N°1 : L’Écho Sonore « Local Heroes » : une de nos plus belles réussite, on a réussi à fédérer 800 personnes autour de trois artistes lyonnais qui n’avaient sorti aucun disque. C’était d’ailleurs également un des objectifs des Échos, faire émerger une scène artistique qui puisse s’exporter et trouver un public à Lyon.

S’arrêtez à 100 c’était prévu ou ça ne correspondait plus au projet d’Arty Farty ?
La numérotation a été pensé par Vincent Carry en l’honneur de Factory records -un modèle philosophique pour lui- qui numérotait tout ce qui touchait de prêt ou de loin au label.
Le n°100 arrive à point nommé, l’équipe a dépensé beaucoup d’énergie sur ces événements et on souhaite bien préparé les 10 ans du festival. Avant tout, la vie nocturne lyonnaise connaît une période exceptionnelle en terme d’activité, malgré les problèmes récents de Grrrnd Zero (même si par essence un squat est un lieu éphémère). L’existence des échos sonores étaient donc à relativiser.

Tu peux nous parler un peu de ce numéro 98 au Transbordeur avec AGORIA ?
Le Transbordeur n’est pas une salle facile quand il s’agit d’y organiser des événements autour des musiques électroniques. Mais on souhaitait vraiment offrir un des derniers Échos dans cette salle, qui a aujourd’hui un vrai regain d’énergie. Ce sera clairement l’un des Échos Sonores les plus événementiel pour nous, car il représente un vrai projet collectif avec la collaboration Propagang, Airflex Labs et le Transbordeur. Ce sera également l’occasion de montrer le Transbo sous un autre jour, avec la très impressionnante installation interactive LightField conçu par Martial Geoffre-Roulland et Yves caizergues, déjà éprouvé et approuvé par le public de la scène 3 de Nuits Sonores au Marché Gare.\\
Au niveau du plateau, cette carte blanche à l’un des artistes incontournables de la musique électronique française a tout d’une nuit de festival avec 2 scènes, 10 artistes et des pointures tel que MARCEL DETTMAN, FUMIYA TANAKA ou le très prometteur JULIO BASHMORE.

On imagine qu’AGORIA, comme LAURENT GARNIER (et P.MOURRE), ça fait partie des gens importants dans l’histoire de Nuits Sonores…
Oui ils sont très importants mais comme bien d’autres aussi dans l’histoire de Nuits Sonores. On pourrait également parler de Charly De Villedieu qu’on aimerait voir plus souvent.

Le trois derniers Échos Sonores, les 10 ans de Nuits Sonores… vous avez une saison chargée !
Très chargée mais moins que vous au Transbordeur : Thomas Ngigol, Nada Surf, Boyz 2 Men, Les Ogres de barback… Comment vous faites pour accueillir tant de groupes dans une ambiance toujours au top ?

Vous étiez à Toulouse il y a peu, vous visitez d’autres sites à l’étranger… délocaliser le festival dans l’année est devenu une priorité ?
Effectivement la délocalisation de Nuits sonores est devenu un vrai exercice de style pour nous. Les projets « extérieurs » comme nous les nommons sont souvent de très bonnes opportunités d’inscrire fortement l’identité de notre action dans le domaine culturel et événementiel. C’est à chaque fois un nouveau contexte à appréhender et une culture citadine a décortiquer, mais ces « projets extérieurs » sont aussi une source nécessaire dans le financement de notre structure et dans sa pérennité en dehors du festival.

Qu’est ce que vous nous réservez pour Nuits Sonores cette année ? On peut avoir des scoops ?
Non, réponse le 28 janvier avec la conférence de presse, on vous annonce les lieux, les programmes de jour et l’armature du festival.

Echos Sonores // This is the End from Nuits sonores festival on Vimeo.



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