Interview « Voyous » : ZONE RECORDS

Une petite couche supplémentaire autour du « concert » ZONE AVANT MINUIT, avec ces quelques mots de présentation du label ZONE, plus qu’un label de musiques électroniques… P.J, un des activistes du truc, s’est donc collé pour définir un peu le bazar ZONE, et toute la « philosophie » qui va avec…

ZONE. Qu’est ce qui vous a pris d’appeler votre label comme ça ?
ZONE, le nom, c’est une idée de Michel (the Hacker), et puis c’est pêchu, c’est graphique, c’est vénère.

Vous êtes pourtant un label de techno non ? Je croyais que la techno, c’était peace, love & unity ?
ZONE, le label, c’est THE HACKER et GESAFFELSTEIN, David, Alex et moi on roule derrière. Le dénominateur commun reste effectivement la musique électronique mais pas que. On s’est retrouvé derrière des influences communes plus larges sans vraiment se consulter. Le polar noir français par exemple, Corneau, Deray, Jessua, Blier, des punks synthétiques ou des esthètes novos comme Jacno. Citer communément Dopplereffekt et Jacques Deray c’est ambitieux mais ça sonne bien, il y a une place pour çà. Le genre musical n’existe plus , il ne reste que le style… on revit la grande purge de 92.

Donc votre truc c’est plus les terrains vagues un peu sombres, les bandes de craignos, la colle à rustine, les chaines de vélos et les brèles plus que les strass, ibiza, ou les culturistes ?
Voilà, c’est bien d’exhumer ces univers sombres et drôles en même temps sans tomber dans le cliché un peu beauf… en restant dans l’évocation, en recrachant les codes.

Quand j’étais petit, dans la cour du collège, y avait les zonards : des types un peu chelous, fans de renaud, de hard rock (le hard on appelait ça comme ça…), de mobylettes… Ça vous a impressionné ce genre de types ?
Le truc « zomblous, canis, les meules et les loutes », c’est gouailleur, c’est jouissif. A nous d’inventer une esthétique suffisamment maligne pour ne pas sombrer dans le poncif… pour que çà reste frais.

Il me semble aussi qu’on a de vagues influences communes autour de la littérature, de la BD : des mecs comme Pacadis, Yves Adrien, Pierre Ouin et son héros Bloodi le junkie, Tranber et Jano et leurs fameux Kebra, en gros, souvent des récits violents et sordides, parfois futuristes, avec une certaine ironie et un humour disons un peu désespéré, des histoires de deux-roues ou de voiture un peu perraves, vandalisme et dégradations volontaires, rébellion contre les forces de l’ordre, trafics en tous genres, plans foireux, tout ça saupoudrés de personnages disons hauts en couleurs… Finalement, ZONE pourrait abriter la bande son de ces univers « cools » ?
On « retrofuture ». On le découvre tous les 5 ce label, les choses se dessinent toutes seules, on se dit juste que la bande son de SÉRIE NOIRE en 2012, si c’était ZONE, ce serait bien. On essaie de s’amuser en faisant les choses bien, on s’applique… Le « ZONE 6″ de CRACKBOY, si j’étais un jeune, je dirais que c’est une balle. Pour KEBRA, c’est le délire de Michel mais là aussi, n’étant pas un grand fan de BD, les Tramber et Jano, je les ai tous.. Jano, on devrait lui demander quelque chose de spécial pour ZONE.

Et coté imagerie, les chiens agressifs, les crans d’arrêts, les DS, comment ça se fait que ça vous parle ?
« Le zonard des étoiles », c’est un bon résumé de l’atmosphère ambiante du label.. c’est une « ligne éditoriale » entre ARPANET, DEUX et BLACK DEVIL DISCO CLUB. Voilà, ZONE çà se situe plus dans les étoiles ou devant VENISSY que dans le Luberon.

ZONE AVANT MINUIT : DOPPLEREFFEKT + THE HACKER, Jeudi 23 février au Club Transbo
http://www.transbordeur.fr/agenda:dopplereffekt



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