Interview : LE PEUPLE DE L’HERBE

Quasi 15 ans de « carrière » pour LE PEUPLE DE L’HERBE, toujours autant d’envie et d’énergie, de la substance (tous ces disques et ces concerts incendiaires…), de la bonne humeur aussi… Impossible de ne pas rendre un hommage appuyé à ceux qui sont sans doute à ce jour le groupe le plus important de l’histoire récente de la musique lyonnaise. Entretien avec DJ PEE, porte parole du groupe qu’on a pu chopper entre deux dates de leur impressionnante nouvelle tournée, qui passe par le Transbo mercredi.

Après 15 ans d’existence, vous êtes resté très « Lyonnais ». Quels rapports entretenez vous avec votre ville, et que pensez vous de l’évolution de celle ci ?
Un rapport affectif très fort : le fait de ne pas être « monté à la capitale » et d’être resté fidèles à nos racines est crucial pour nous. On part souvent, on passe du temps sur la route mais on aime toujours revenir à Lyon.
La ville change, mute, il me semble qu’elle devient plus métissée aussi, à l’image de toutes les mégapoles, mais Lyon a toujours ce côté « province » (comme disent les parigots) même si je préfère le terme « taille humaine », c’est à dire une ville où la vie, l’effervescence, la jeunesse, le bruit -appelle ça comme tu veux- ne désertent pas un centre-ville qui ne serait alors qu’un immense attrape touristes, limite centre gériatrique.

Vous avez toujours été très curieux de ce qui se passe coté scène locale, quel regard portes-tu sur celle ci, et vous intéressez toujours autant à la jeune génération d’artistes ?
On entend des choses intéressantes, de nouveaux groupes comme d’anciens, des Scratch Bandit Crew à Zéro, de Fowatile au projet commun High Tone/Brain Damage, d’Agoria à The Good Damn… sans oublier tous ceux que l’on n’a pas encore écoutés…

Si je vous dit aujourd’hui que vous êtes sans doute le plus gros groupe lyonnais des trente derniers années (entre votre discographie et votre public), qu’est ce que ça fait résonner en vous ?
Franchement, on ne pose pas ce genre de question… on reste fier de ce qu’on fait, de notre musique et de notre public, qui comme nous ne lâche rien, et nous rend au centuple ce qu’on lui donne. Mais surtout on demeure fidèles à nos idéaux, et l’humilité en fait partie : quand tu regardes la vie de Georges Clinton, par exemple, tu te dis qu’il y a encore du chemin à parcourir !

Être artiste à Lyon en 2012 ?
Je commence tout juste à arriver à écrire « Musicien » quand l’administration me demande ma profession, parce que je me considère moins « artiste » qu’un simple « music freak » qui a eu la chance de pouvoir faire partager sa passion au plus grand nombre, aidé en cela par des mecs dans le même moule : que ce soit mon frère ou mes « camarades musiciens », sans oublier quelques activistes de l’underground, je sais (comme ils savent) ce que je leur dois. Quand à Lyon, c’est ma ville, ma base arrière, et même si mon quartier (la Croix-Rousse une sorte de village dans la ville) a tendance à se bobo-iser , ça reste un endroit où il fait bon vivre.

Nuits sonores ?
Un festival vitrine pour la ville, comme pour une partie de la scène « électro », qui a su s’imposer au fil des ans, comme un rendez-vous fidèle & régulier, qui a permis (et qui permet encore) à plein de gens de découvrir, voir de redécouvrir Lyon, sous un autre angle. Je lui souhaite de perdurer, mais surtout de rester urbain, intra-muros, & que l’on ne cède pas à cette nouvelle lubie « N.I.M.B.Y. » de vouloir euthanasier toute vie nocturne (musicale, j’entends) en centre ville.

Tu te vois où ans 10 ans ?
Sur scène. Ou en studio, à composer en piaffant d’impatience à l’idée d’une prochaine tournée.

Un coup de cœur local ?
Brice & Sa Pute, à voir absolument sur scène !

Extrait d’une interview réalisée pour les 10 ans de Nuits Sonores, à paraître sur un livre pendant le festival 2012…



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>