Interview éthylique : SUISSA

« J’en reste sans voix ». Ce n’est heureusement pas la réplique préférée du Lyonnais SUISSA, sinon on était mal barré pour l’interview ! Non lui, c’est plutôt un humour cynique, une bonne humeur communicative et un penchant pour le bon-vivanisme (il paraît que ce mot existe). Il dit lui même qu’il aime « boire un verre avant un bon apéro » ; sa venue en première partie de Caravan Palace au Transbo était l’occasion rêvée de le soumettre à notre interview éthylique. Santé !

Bonjour Suissa, tu te souviens de ton premier verre ?
Je me souviens d’un vers que j’ai du écrire après quelques verres pour Coquine : « Des verres, des vers, je bascule vers la poésie. Déverse, déverse ton venin, ta mélancolie…» (« Le roi des sans dents » – Coquine http://fr.myspace.com/oslafolle).
Aussi loin que ma mémoire peut aller j’ai toujours été captivé par la musique et l’écriture. J’étais un cancre doué. Et d’une sensibilité à fleur de peau. Le jour où on m’a mis une guitare entre les mains j’ai joué tous les jours. En faisant des boulots quelconques mais riche de rencontres, ou au conservatoire j’ai joué… J’exultais. Je m’inspirais de tout ce que je vivais, entendais ou ressentais. La musique est ma psychanalyse personnelle. Et il y a du boulot croyez moi !

Tu te mets à la musique et tu vas « vider des fûts » avec un groupe de punk c’est ça ?
Je vais passer pour un ivrogne ! Ça me va… J’ai eu la chance de jouer avec Les Porcs (Ils m’ont viré. Je buvais trop). Pour ceux qui ne connaissent pas je vous conseille de tendre une oreille aux paroles qui sont tout simplement hilarantes. Poétiques au final… Mais bon en concert ce n’est pas évident de comprendre quoi que ce soit, le chanteur portant ses bas sur la tête, remplit d’un poulpe ou de pâté pour chat. Le volume sonore pouvant se comparer au décollage d’un avion super sonique. Acheter l’album peut être mieux si vous n’avez pas les épaules… (Rire)

Tu rencontres le vrai Plastic Bertrand, tu vas boire un coup avec lui ?
Toi tu veux me faire parler de Leitmotiv Blastik Pertran, mon ancien groupe ! Resserre moi un verre je te dirais tout ! Je suis justement en train de faire un « Best of » maison de toute ma musique jusqu’à aujourd’hui. En gros 5 Compiles : Jazz bousculé, punk pour enfant, B.o de théâtre/danse, Chansons et Expériences musicales/sonores en vrac. Exclusivement en vente lors de mes concerts, pour les copains, c’est bien trop long à faire !
J’ai donc récemment réécouté L.B.P avec grand plaisir. Notamment le dernier live au Toïtoï. C’était une très belle expérience. Sept ans de concerts complètement fous, d’enregistrements, de rencontres avec des supers musiciens et un public incroyable. C’est là dans mon cœur et c’est ce qui fait que j’aime autant écrire de la musique entre autre pour la partager en concert.

Il parait que tu sors un album bientôt, on boit quoi pour fêter ça ?
Tu n’as pas une bière là j’ai la gorge irritée… Déjà j’espère qu’on fêtera des élections qui nous aurons offert un homme politique avec une motivation certaine pour faire de ce monde quelque chose de plus intelligent et de plus équitable. Ça changerait, ce serait agréable (Non je ne veux pas dire par là qu’il faut aller voter ! Quelle idée !).
Oui l’album « Chante et tais toi ! » sort le 24 Septembre, en distribution Digitale chez Gourmets recordings (Carmen maria Vega) et en physique chez 1dérhonealpes. On a déjà le cd ! Alors celles et ceux qui ne veulent pas attendre pour l’avoir, venez aux concerts !
Avec cet album, le monde va à nouveau pouvoir se délecter de mon quotidien amoureux exécrable qui m’aura permis d’écrire de belles chansons. Grâce aussi à mon talent pour m’entourer de musiciens excellents que je ne paye que rarement, peu ou prou. Car aujourd’hui, pour le moment, on paye les riches pas les pauvres (Éclat de rire !).
D’ici à la sortie de l’album un Ep 3 titres sera en téléchargement gratuit sur www.chanteettaistoi.com à partir du 20 avril. C’est cadeau. Ne me remerciez pas. Hum hum hum !

Tu crois qu’ils demandent quoi comme boissons pour leurs loges Caravan Palace ?
Je ne sais pas mais j’espère qu’il en demande beaucoup car Eric Prost (Sax Tenor/Mei Tei Show) et Hadrien Santos Da Silva (Batterie/Grabben), Gerard Moncy (Lumière), Iguane ou Mr Pauze (Son), Ornella Debono (O’groove.Management/Booking) qui m’accompagnent sur les tournées boivent beaucoup entre les repas.

On l’a pas fait exprès mais après le Transbo tu joues à l’Absinthe, on boit quoi là bas ?
Aurais tu de l’eau…pour mes lentilles de contact ?
Gabriel Riviere (Patron de l’absinthe) co-produit l’album avec Ornella (O’Groove) et moi-même. Il est celui qui a lancé l’idée de faire un album de ces chansons que je joue depuis plus d’un an sur scène. J’ai composé pas mal aussi cette année pour la compagnie Gazoline une pièce de théâtre de Mark Ravenhill « Piscine pas d’eau » que nous jouons à l’Entrepot à Avignon cet été. Et pour la Compagnie 8, une B.O pour un duo de danse sur filet. La première est le 4 mai à la comédie de Valence. Moi je ne pourrais y être car je serais au festival « Changez d’air » en première partie d’Oldelaf le 4 mai et c’est ça la tristitude.

Ton dossier de presse annonce que « tu aimes boire un verre avant un bon apéro », si tout le monde te prends au mot ça doit être chaud ?
Te reste-t-il du Ricard pour finir mon eau de lentilles ?
J’aime assez ce jeu de mot c’est vrai! Mais je ne bois pas tant que ça je rassure le jeune public. Difficile de boire et chanter en même temps. Je pourrais boire bien plus si je ne faisais que de la guitare ! (Rire gargarisé de pastis)

Sur scène tu es accompagné d’un sax et d’un batteur, les autres sont trop bourrés pour jouer ?
J’ai partagé pas mal de crise de foie sur scène avec Eric Prost au sax dans Leitmotiv. Il est toujours avec moi aujourd’hui, lorsqu’il n’est pas en tournée internationale, pour mon plus grand plaisir, tout comme Iguane, Mr Moncy ou Mr Pauze qui étaient déjà dans l’équipe à l’époque. En plus il y en Hadrien, batteur de 24 ans qui nous rappelle régulièrement qu’on est des vieux. Sa fougue et sa beauté de jeune éphèbe sont certes bien présentes, tandis que pour nous un vague souvenir, ce qui nous motive à lui prouver régulièrement que la beauté de l’âme n’a pas d’âge. Mais je le laisse quand même au lointain sur scène parce qu’on n’est jamais assez prudent. (Hochet entre coupé d’un gloussement particulièrement nerveux)

Ton meilleur concert en tant que musicien / Ton meilleurs concert en tant que musicien, mais saoul ?
Je crois que cette interview va me griller auprès de tout le public straight edge.
J’ai eu la chance de faire beaucoup de concerts saoul. Je suis d’une génération qui considérait les concerts comme une révolte au quotidien et aux idées reçues. Comme un jour de fête. Quelque chose d’exceptionnel. Ce qui était souvent le cas. Pas uniquement un business. Des concerts comme à La fête du Picodon ou à Rock on the l’Oule où Damien Sabatier, devant 2000 personnes hystériques, était passé au travers de la scène en plein concert à force de jumper partout comme un fou. Ça reste ! Je finissais tous mes concerts à poil. Il y avait une belle énergie Rock n’roll, ça jouait terrible et c’était bon enfant tout de même. C’est comme ça que j’aime la scène. SUISSA en trio c’est comme ça aussi quand le public nous pousse un peu…
Bien sur j’ai plus souvent joué a jeun et c’est super aussi. Je me souviens du concert pour la Presqu’ile d’Annonay en solo l’année dernière. Pas un bruit durant le concert. Je me demandais ce qu’il se passait… et à la fin tout le public qui se lève pour m’applaudir et me féliciter. Une belle écoute tout simplement. Chaque lieu a son public, chaque public est différent. La différence nous rend plus fort. La force c’est quand Hadrien Santos Da Silva unit le public lors d’un solo de batterie. Le solo de batterie de chaque lieu c’est toi.

Pour finir, si tu as un message de prévention à faire passer c’est le moment…
Je passe bien trop de temps à boire… euh… à travailler pour boire hélas. Si je devais faire passer un message ce serait que tout le monde continue à aller voir des spectacles, de danse, de musique, des musées ou lise peu importe. La réflexion c’est l’art. L’art n’existe que si on en parle et si on s’en amuse. Et on ne s’amuse que parce que l’art existe. L’art c’est toi.

Merci et à la tienne !
Je te prends une bouteille pour la route merci !

(1) Pour votre santé, attention à l’abus d’alcool.
(2) Aucune bouteille d’alcool n’a été maltraitée pendant cette interview.

Photos : Henri Granjean



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