Interview « Afrosoul » : GNAWA DIFFUSION

Pour sa deuxième édition, le FESTIVAL AFROSOUL continue d’explorer toutes les facettes de ce qu’on appelle la « world music », à travers 6 soirées dans différents lieux lyonnais. Après 20 ans de carrière, le groupe grenoblois GNAWA DIFFUSION reprend rendez-vous avec son histoire, pour chanter encore et toujours une colère d’homme libre à la face d’un monde qui redistribue les mêmes cartes. Ce sera le vendredi 12 octobre, en compagnie du Burkinabé BOMBORO KOSSO. En attendant, une petite rencontre avec Amazigh Kateb, tête pensante de Gnawa Diffusion s’imposait…

Vous fêtez cette année vos 20 ans avec un best-of et un nouvel album, quels sont vos souvenirs au Transbo ?
J’ai le souvenir d’un endroit assez industrieux et urbain. Un champignon musical camouflé en usine, au milieu d’une pelouse de voitures pressées. Je me rappelle d’un concert avec Gnawa, on n’arrivait plus à décoller du parking : on se disait que Grenoble n’était pas loin… Il faisait bon et les filles sentaient le propre et le démêlant qui fait briller les tignasses et vriller ce qu’il y avait de crânien sous les nôtres. Un souvenir de live très chaud, et très chantant (le public). J’ai appris ce soir-là qu’un lyonnais peut atteindre l’ébullition à partir de 37° !

L’album devait s’intituler « Rue des Vandales », c’est finalement « Tchekka »… Peux-tu nous en dire plus sur le choix de ce titre ?
Pour info, j’ai encore changé, ce n’est plus « Tchekka » qui veut dire la piqûre, mais « Shok el 7al », qui signifie littéralement les épines du temps, ou de l’époque. Ce choix pour dire que sur le tronc de l’existence, nous sommes des épines, difficiles à manipuler, pouvant faire barrière à l’ordre mondial, dangereuses quoique petites, réfractaires au monde lisse, aux marbres institutionnels, bourgeois, et au capitalisme big-brotherisant de nos amis les Ben Babylon.

L’engagement et l’insoumission sont toujours au cœur de ton propos ?
Le titre est plutôt générique. Cela pourrait être un slogan pour vendre des yuccas ou des cactus… Le contenu lui, l’est bien plus et ne trahit pas l’époque. Il est manifestement temps que les artistes reviennent à leur rôle de rassembleurs. Nous ne pouvons pas laisser toute latitude aux fanatismes religieux, aux bien-pensants-qui-pensent-pour-nous, et au pragmatisme économique et guerrier. Il est grand temps que la culture retrouve ses armes et ne les repose plus. C’est trop dangereux. 

Tu as réuni les membres historiques de Gnawa Diffusion. Quelle est la direction musicale de ce disque ?
L’album s’est fait en deux étapes, nous avons d’abord monté les titres que j’avais écrit et composé, qui étaient plus ou moins prêts, et une deuxième étape plus collective, ou d’autres morceaux se sont montés spontanément et sur lesquels j’ai écrit des textes nouveaux. Je pense que la principale envie du groupe est de se retrouver et de faire mieux pour aller plus loin. Il est évident qu’après cinq années d’interruption, nous avons beaucoup de chose à raconter et à écouter. Nul doute également que les révolutions en marche nous aient stimulé et poussé vers la route. Une révolution est toujours à recommencer, alors, recommençons !

Infos : www.afrosoulmusic.org

Légende :
Amazigh Kateb aux 20 ans de Habitat et Humanisme (Halle Tony Garnier, Lyon, 2005), aux Authentiks (Vienne, 2007), au Festival des Calèches (Marrakech, 2007) et au festival Rio Loco (Toulouse, 2009). photo JB

Crédit
Sukiyaki meets the world / fujii

Billetterie : Digitick

Quelques jours au studio d'enregistrement avec Gnawa Diffusion; sur une musique de DJ Boulaoune.



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>