Interview « Actor Studio » : CARMEN MARIA VEGA

Depuis le clip de son single « On s’en fout », on se doutait que CARMEN MARIA VEGA avait un lien fort avec le Cinéma. Son invitation par le FESTIVAL DU FILM COURT DE VILLEURBANNE en atteste une nouvelle fois. Le Festival lui donne carte blanche le lundi 19 novembre, la chanteuse lyonnaise y présente ses coups de coeurs. Avant de la retrouver en concert dans la même ville jeudi au Transbordeur, avec The Belfour, on en a profité pour creuser un peu la question avec elle…

Carmen, tu participes au Festival du Film Court de Villeurbanne pour présenter des court-métrages, comment tu as fait ta sélection ?
Il y a 3 courts métrages que j’ai ramené du festival du film d’Amérique Latine de Biarritz, pour lequel j’étais jury. Nous avons visionné 10 longs métrages et avant chaque projection il y avait 1 court. J’ai voulu faire partager ceux qui m’ont le plus touché. (2 du Brésil et un du Mexique). Quant aux autres, il y a celui de Jean Charles Mbotti Malolo (avec qui j’étais au lycée) dont le travail poétique m’a séduit, le mélange du lien familial et de la danse en 2D. Il y a une campagne publicitaire Aids qui est absolument fabuleuse, la BO est démente et le message drôle, malgré l’urgence de la prévention. Je pourrai vous détailler chaque Court et les raisons qui m’ont poussé a les diffuser mais le point commun de tous, c’est l’émotion qu’il a suscité en moi. Les sujets sont souvent lourds mais abordé de manière différente, avec humour ou poésie, avec réalisme ou par le biais de l’animation. En 2D, j’y tiens car c’est en voie de disparition. Il n’y a pas de court en 3D, ça n’est pas du boycottage car il y a des choses fabuleuses en 3D mais le travail en 2D doit être encore diffusé et on doit encourager sa création.

A la vue de ta prestation dans ton clip « On s’en fout’ ou le teaser de Suissa, on est en mesure de te poser la question sur une carrière parallèle d’actrice, c’est en cours ?
Le premier film dans lequel j’ai joué est sorti le 12 septembre, « Le jour de la grenouille » de Beatrice Pollet. J’ai également 3 projets de longs pour 2013/2014. Le premier de Simon Abkarian « Échafaudage », en tant que réalisateur. Un polar qui traite des gangs d’ex-Yougoslavie implanté a Paris. Ainsi qu’une comédie de Sebastien Rossi, sur fond de concours de métal et de punk avec Francis Renaud, Simon Abkarian, Igor Skreblin, Julien Courbet qui s’intitulera « Vegas ou presque ». Et enfin le troisième de Francis Renaud, « Un an, trois fois par semaine ». Il s’agit d’un drame familial dans lequel je tiens un des premiers rôles. Pour les 3, je retrouverai Igor Skreblin que j’ai rencontré sur le film de Beatrice Polet, je me fais une joie!

Tu te produis à nouveau au Transbo le 22 novembre, une salle que tu aimes bien j’imagine ? Tu te souviens du premier concert que tu as vu ici ?
C’est l’endroit où j’ai chanté pour la première fois. Un projet de fin d’étude au lycée, « The great gig in the sky » des Floyds. Le premier concert que j’ai vu c’était -M- sur la tournée « Qui de nous 2. »

La dernière fois d’ailleurs c’était sur la scène du club pour la soirée Suissa avec toute la scène lyonnaise. Quel regard tu portes sur la scène chanson locale ?
J’ai le sentiment qu’elle est en sommeil. Elle a été très active il y a 4 ou 5 ans. Il est temps que la Lyonnaiserie rappelle a la France qu’ici c’est un vivier, une ville culturellement très riche! C’est qu’on est chauvin !! Après, je pense que ce n’est pas propre a Lyon, dans sa globalité, les métiers culturels en ce moment ont la vie dure. C’est la crise pour tout le monde.

Dernière question : tes coups de cœur de l’année 2012 en musique et au cinéma…
« Operation E », de Miguel Courtois Paternina avec Luis Tosar et Martina García. 2 acteurs fabuleux. J’ai eu le chance de voir ce film en avant première au festival du film d’Amérique Latine de Biarritz où il était en compétition. Il sort le 28 Novembre et il parle d’un fait complètement ignoré par la presse lors de la libération de Clara Rojas et Ingrid Betancourt. C’est l’histoire d’une famille de paysan dont le père José Crisanto s’est vu confié de force par la guérilla le bébé de Clara Rojas, Emmanuel, né en captivité. Cette famille deviendra alors une énième victime silencieuse et ignorée d’un état sclérosé. Ce film m’a bouleversé par l’injustice des faits, j’ai vraiment été révoltée, les médias l’ont totalement éludé.
Musicalement, cela fait longtemps que je n’ai pas été retourné. Mais j’ai adoré découvrir Imelda May. Le groupe Howlin Jaws m’a de loin bluffer. 3 jeunes garcons, des compos originales influencées de Rockab. Ils ont fait ma première partie a La Cigale en 2011. Djivan le chanteur et contrebassiste a un tempérament unique. Un physique a la Elvis. Une belle âme. Une énergie déconcertante. C’est le fils de Simon Abkarian, ceci explique cela…

CARMEN MARIA VEGA, en concert le jeudi 22 novembre au Transbordeur. Billetterie.

FESTIVAL DU FILM COURT DE VILLEURBANNE : site web

Photo : Chloé Jafe. Merci à Sébastien Séchaud chez Du bruit au balcon.



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