Interview « Vieux Briscard » : KIKO par Cyrille Bonin

Samedi soir au Transbo, c’est la maintenant traditionnelle FANTASY… Tatapoum techno et grosse house music, la trance d’Hadra dans le club, un classique pour les amateurs de gros sons… Et donc, au delà du programme chargé, un français canal historique, quasi un local puisque KIKO vit près de Valence, dans la Drôme, pas en Espagne… Et donc, comme il fêtera ce soir là ces 40 berges, dont 20 ans de « carrière » dédiée à la musique électronique, il était obligeman pour moi de faire un petit bilan avec le monsieur concerné…

Salut Christophe Dalla Ca, KIKO c’est ton vrai nom ?
Depuis que je suis gosse, dès l’école primaire, tout le monde m’appelle Kiko. C’est joli non ?

Donc, tu vas jouer dans notre salle samedi soir, au Transbo, pour une soirée Fantasy, organisée par Elektrosystem… T’as déjà joué à Transbo ?
Oui oui, j y ai joué pas mal de fois, avec Laurent Garnier par exemple ! Et je me rappelle très bien avoir fait le warm up de Jeff Mills il y a pas mal d années !!! C’est une salle formidable avec une acoustique que j’apprécie tout particulièrement ! J’adore jouer dans des salles de concert.

On se connait un peu, depuis longtemps, tu « fêtes » tes vingt ans de carrière. Toi qui as abandonné une prometteuse carrière de footballeur professionnel, t’as l’impression de jouer en vétéran ?
J’ai eu une méchante période de doute, vers mes 36 ans, où je regrettais presque de ne pas avoir continuer dans le foot a haut niveau, surtout que mes entraineurs ne voulaient pas que j’arrête, à 14 ans, tu kiffes à l’idée jouer Marseille, Saint-Étienne, le PSG… C’était vraiment cool, presque extraordinaire mais classique, c’est aussi à cet âge là que j’ai découvert le monde de la nuit, et, normal, je me suis dis, « ça a l’air cool, c’est ce que je veux faire, de la musique et être DJ ». Je ne regrette évidemment rien, puisque j’ai réussi à vivre de ma passion… Aujourd’hui, grâce à la production, et avec un nouveau booker anglais (www.blueprintartists.com), je peux te dire que suis remonté a bloc, c’est presque comme un nouveau départ. Du coup, je vis très bien mes 40 ans, enfin, plus précisément j’aurais 40 samedi, le soir de la Fantasy, tu vois l’histoire…

Si on se connait un peu, c’est qu’on a partagé un long moment de notre jeunesse l’aventure collective des disques (Kiko avait un magasin de disques à Grenoble Ozone records, je lui vendais des disques importés du monde entier, puis j’ai distribué son propre label 0zone records, et ceux de ses potes grenoblois…) et des raves… Que te reste-t-il de cette période ?
Il me reste que c’était une période magique… J’ai monté mon shop à 19 berges, à 21, on a fait avec mon pote Oxia le label Ozone records et du coup toute l’équipe grenobloise (Miss Kittin , The Hacker , Human Body , Xmf , Will d’Interface, Goodlife.).. venait acheter des disques chez moi. Mon shop était devenu à défaut de vendre des disques, un endroit où toute la journée on se prenait pour les mecs d’Underground Resistance, Detroit, tout le bordel, mais à Grenoble, hein… Michel (The Hacker), je lui apprenais a mixer avec des MK2, lui m’apprenait a me servir de ma boite a rythme Tr909 , Oxia me montrait comment structurer un morceau. Je lui montrait comment créer une séquence débile, et hop, on faisait « World Cup », un de mes premiers hits underground ! C’était aussi le début de l’electroclash, Miss Kittin & The Hacker ont écrit « Frank Sinatra » dans mon studio. C’était un peu le bordel, un échange permanent d idées, c’était quand même une énorme chance pour moi parce qu’on avait tous la même envie de vivre de notre drôle de passion, la musique électronique… Et on y est arrivé ! Pas de prises de tête, on faisait les tracks, quelques-uns d’ailleurs a l’arrière de ma boutique où j’avais installé le studio, puis on « montait » à Paris pour les masteriser et les disque arrivaient directement chez le distributeur, donc chez toi et tu nous vendais tout ça, dans le monde entier !! Ozone était un des premiers labels techno en France, puis il y a eu Goodlife…

Et aujourd’hui que les disques c’est fini (ou presque), comment finalement continues tu ta carrière de producteur ?
Je produis pas mal, ca dépend des périodes mais je peux faire un ou deux tracks par jour… Ça sort sur des labels comme Material Series, Great Stuff, Suara rec, Pias… ça va, c’est pas mal. Avec Material Series, ça sort encore des vinyles… Bien sûr il y a le digital et j’ai crée mon label « Signature by Kiko ». Vous pouvez écouter sur mon Soundclound, et aussi sur un second Soundcloud.
Et mine de rien, je continue à jouer pas mal… J’adore voyager, c’est quand même grâce à cette passion que j’ai pu faire le tour du monde : Australie, Japon, New-York, Los Angeles, Miami, Mexique, Europe, Ukraine, Russie, India, etc.

Tu vas jouer avec ton pote Oxia, avec lequel tu formais le duo Phunky Data. Toujours copains ?
Oui bien sur, on s’appelle souvent, on se fait des gazeries en semaine, vite fait, et on a joué ensemble en décembre à La Reunion au Be There festival. Autant te dire qu’on s’est un peu marré, à l’ancienne…

Comment tu trouves la scène électronique d’aujourd’hui ? Tu t’intéresses toujours de très près à l’actualité ?
J’essaye, j’écoute des tracks tous les jours. C’est très varié, j’adore Whomadewho par exemple, et la house groovy un peu old school, les trucs de 8bit, Hot Creations…

Et l’avenir, tu le vois comment… Maintenant que la retraite est à 67 ans, il te reste encore quelques trimestres à cotiser pour y avoir droit ?
Pas de limite d’âge, des tracks jusqu’à la mort, et dj jusqu’au handicap de la vieillesse !

Infos : Lutetia Agency

Soirée Fantasy : infos & billetterie

Kiko – We Love Sunrise EP – Teaser from Alban Guerry-Suire on Vimeo.



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