Interview « Aniversário » : FORRÓ DE REBECA par Le Goûter

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Le groupe FORRÓ DE REBECA fête la sortie de son deuxième album (« Na Roda ») le jeudi 14 février au Club Transbo, jour de la St Valentin. Voilà une bonne occasion pour le public lyonnais de venir guincher, danser et repartir les oreilles pleines de soleil. Rencontre avec ce combo lyonnais qui joue du Forró, un style de musique emblématique du nord du Brésil et qui s’impose lentement en Europe comme un des représentants incontournables du genre.

Le Gouter : Forró de Rebeca souffle ses 5 bougies en 2013, mais qui est Rebeca ?
Rebeca vient de la Rabeca, ce violon utilisé par les orchestres de Forró avec le triangle et le zabumba, un tambour caractéristique du Nordeste brésilien. Donc Rebeca c’est un peu l’idée de personnifier un instrument, de le rendre encore plus vivant et présent. C’est aussi un clin d’œil respectueux aux racines du Forró.

Comment êtes-vous « tombés » dans le Forró, parce que le virus semble être bien installé ?
Forró de Rebeca est un groupe qui est le fruit de nos voyages, de nos rencontres. Ceux que l’on a fait avant de jouer ensemble, pour aller travailler les percussions par exemple, et puis les rencontres faites en tant que groupe. Le Nordeste du Brésil, d’où vient le Forró est un immense territoire de musiques, de rythmes et de fêtes. Il faut garder à l’esprit que le Forró est un genre musical rural, de la terre ; c’est après la semaine de travail que l’on va au bal pour danser, draguer, boire. La musique est ancrée au cœur de la tradition et rythme la vie.
L’envie de jouer du Forró vient de notre envie de jouer ensemble pour vibrer sur scène comme lors d’une fête traditionnelle et puis jouer pour communiquer au public cette vibration. C’est assez tellurique en fait. Et comme c’est une musique ouverte, accueillante cela nous permet de venir y glisser nos influences forcément citadines, urbaines.

Parfaite transition :) ! À travers vos concerts que on sent l’influence des « musiques urbaines » chez vous. Pour enregistrer ce second album vous avez fait appel à une spécialiste du genre (L’Enfant du Jarring Effects crew, ndlr) que vous a apporté cette collaboration ?
Voilà encore une collaboration née d’une rencontre. Comme nous avons un peu trainé sur la Croix-Rousse et ses pentes, que l’on va à pas mal de concerts de tous genres, on a forcément croisé des membres de Jarring Effects ; dont Céline (aka l’enfant). Je crois que c’est lors d’une des guinguettes pendant le Riddim Festival qu’on s’est croisé. Nous on jouait et elle écoutait.
Et les choses se sont faites simplement ; on discute, on confronte nos univers et puis on travaille ensemble ! Céline nous a accompagné après notre résidence chez Projet Bizarre, elle nous a permis de faire un vrai travail en studio pour que nos idées prennent formes sur disque. « Na Roda » est le fruit de notre 3e collaboration avec Céline.

Comme on parle de touche urbaine, pouvez-vous nous présenter Tudo qui remixe 4 morceaux du dernier album et avec lequel vous collaborez depuis un moment ?
Tudo est aussi un vieux copain. Un camarade de fête rencontré au Brésil. Lors d’un concert, on s’est retrouvé à chercher où brancher je ne sais plus quel fil. Nous étions les seuls à avoir besoin d’électricité, tous les autres groupes jouaient acoustique. Après l’anecdote de la première rencontre vient le temps de l’échange. Avec Tudo nous avons plein de choses en commun dont la ferme conviction que le métissage musical est une richesse. On l’a invité à venir jouer à Lyon, on s’est revu au Brésil et comme on peut facilement échanger, même en étant à des milliers de kilomètres, cette collaboration est venue naturellement.

L’autre jour je croise un pote marié à une brésilienne originaire de Rio, on parle musique et je lui dis, viens le 14 pour la sortie de votre album et il me dit : « Le forró, c’est la country brésilienne ». Un avis ?
Comme je te le disais le Forró est un genre musical rural et il est vrai qu’un Brésil il y a une vraie ligne de démarcation entre le béton de la ville et la campagne. A Rio, il y a une expression qui décrit précisément cette rupture, cette barrière entre béton et campagne (expression irrémédiablement oubliée par votre serviteur, ndlr).
Le nord du Brésil ne connait pas cette barrière. La fusion des genres est acquise. Dans les années 90, Recife et Olinda ont été la terre de naissance du Mangue Beat. Ce mouvement musical et plus largement artistique initié par Chico Science (décédé il y a 16 ans presque jour pour jour, ndlr) s’est plongé dans ses racines pour les mélanger, les mixer avec les nouvelles possibilités technologiques. Le Mangue Beat a définitivement explosé les barrières entre chapelles musicales. La fusion, le crossover entre genres et rythmes sont devenus complètement naturels. Le Forró que nous jouons est nourri de ces influences, Forró de Rebeca n’est pas un groupe de Forró traditionnel, comme tu peux en voir au Brésil.

En parlant de Brésil justement, allez-vous jouer là-bas ? Et ici en Europe peut-on parler d’une scène ?
Bien sur ! Au Brésil le format d’un concert est plus celui d’un bal. Là-bas on danse ! Ici en Europe on se connecte ou se re-connecte soit après des rencontres sur place, pendant nos séjours soit à travers la danse. Si on peut parler de scène Forró, c’est avant tout la danse qui réunit les gens. D’ailleurs cela dépasse largement l’Europe : il y a des clubs de Forró que ce soit à New York, Tokyo ou Berlin par exemple. Tu sais comme nous que la danse se moque des frontières et le Forró ça te fait bouger du haut des paupières jusqu’au bout des doigts de pied.

Merci à vous, à jeudi pour la sortie de votre second album : Na Roda.
Entretien réalisé par Le-gouter.com

Forró de Rebeca, jeudi 14 février à 20h au CLub Transbo (gratuit) et le 22 janvier au Studio de l’Ermitage à Paris.

Infos sur le groupe : www.forroderebeca.com
Infos sur la soirée : www.transbordeur.fr



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